Serie A / Milan-Juventus : Arkadiusz Milik, de remplaçant à l'OM à "indispensable"

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SERIE A - Arrivé dans l'indifférence générale en toute fin de mercato, Arkadiusz Milik a déjà pris ses marques à la Juventus Turin. Auteur de quatre buts en sept matches, le buteur polonais, prêté par l'Olympique de Marseille, s'impose comme un titulaire dans le onze de Massilimiano Allegri, qui l'associe avec Dusan Vlahovic à la pointe de l'attaque.

Arkadiusz Milik (Juventus)

Crédit: Getty Images

Arkadiusz Milik ne s'en est jamais caché. Du moins en coulisses. Arrivé à l'OM en janvier 2021, l'attaquant polonais, alors mis au placard par le Napoli pour sa volonté de ne pas prolonger son contrat, a toujours confié vouloir revenir un jour ou l'autre en Italie. "Il y serait resté si De Laurentiis n'avait pas décidé de sa mise à l'écart", tranche même un membre de son entourage. Mais dos au mur à l'époque, il avait décidé de saisir au vol la bouée marseillaise, lancée à cinq mois d'un Euro dont il sera finalement privé pour une blessure à un genou.
Prêté, puis racheté pour 8 millions d'euros, Milik n'aura pas répondu aux attentes de la Canebière, en quête désespérée de son "grantatakan" depuis des années. Malgré six premiers mois positifs, avec 9 buts en 15 matches de Ligue 1, l'attaquant essuiera par la suite plusieurs désillusions, de son manque de temps de jeu sous Jorge Sampaoli à un profil incompatible avec la philosophie prônée par Igor Tudor, basée sur les transitions rapides et l'utilisation de la profondeur. Pas mécontent de partir cet été, direction la Juventus Turin, un club avec qui il a pas mal flirté dans le passé, le Polonais a finalement retrouvé ce qu'il souhaitait : un "grand club" selon ses dires, et la Serie A, où son empreinte lors de son premier passage (38 buts en 93 matches) restait visible.
"Le choix d'aller à la Juve a été rapide. J'ai toujours rêvé de jouer dans un grand club comme la Juve. Depuis que je suis petit, je voulais jouer dans une grande équipe. J'étais content d'avoir cette opportunité et j'en ai profité. Je n'avais rien à perdre", confiait-il la semaine passée à un média polonais. Et pourtant, ce n'était pas gagné. En effet, la Juve, elle, priorisait un certain Memphis Depay en fin de mercato estival. Mais au vu des coûts de la venue de l'international néerlandais, le plan B a été privilégié. Formule (prêt), coûts (800 000 euros, 100 000 euros de frais supplémentaires et 800 000 euros de bonus) et option d'achat (7 millions d'euros + 2 millions de bonus, payables en trois fois) ont fini par convaincre les dirigeants piémontais. Rapport qualité-prix, difficile de faire mieux.
Arrivé dans l'indifférence des tifosi, pas vraiment emballés à l'idée de le voir débarquer à Turin, Milik est parvenu à tout renverser. Quatre buts en 372 minutes dans cette Juve-là, c'est un petit exploit. Il aurait même pu en marquer cinq, si l'assistance vidéo ne lui en avait pas injustement annulé un face à la Salernitana (2-2) le 11 septembre dernier. Son dernier contre Bologne est en tout cas un chef d'œuvre : une frappe surpuissante du gauche pour venir sceller la victoire des siens (3-0). Il trouve les filets tous les trois tirs en moyenne.
"Parfois, certains joueurs n'arrivent pas comme des premiers choix, et il s'avère finalement fondamental : voilà ce qu'est Milik pour la Juve", écrivait le Corriere Torino lundi au lendemain de ce succès. Egalement buteur en C1 face à Benfica, l'international polonais est généralement aligné aux côtés de Dusan Vlahovic dans le 4-4-2 (ou 3-5-2) de son entraîneur, qui apprécie son profil de longue date. Les qualités des deux se combinent parfaitement. Face à Bologne, le Serbe a par exemple endossé le rôle de second attaquant, n'hésitant pas à décrocher pour profiter ainsi des espaces libérés par son compère d'attaque. A eux deux, ils ont inscrit 64% des buts de leur équipe cette saison.

La Juve prête à lever son option d'achat ?

Malgré le début de saison (très) difficile des Bianconeri, le numéro 14 est donc l'un des seuls à échapper aux critiques et aux sifflets. Qui l'eût cru ? "C'était difficile d'imaginer un tel impact, expliquait Max Allegri dimanche soir. Arek sait très bien jouer au football. Il sait se déplacer, bouger, se démarquer et il peut très bien jouer avec Dusan (Vlahovic)." "Milik est un joueur qui peut tout faire, s'est enthousiasmé Alessandro Del Piero, légende du club et désormais consultant sur la chaîne Sky Italia. Il est déjà essentiel pour la Juve. Son duo avec Vlahovic fonctionne."
Reste à savoir s'il va durer. Avec les retours imminents d'Angel Di Maria (blessé, puis suspendu) et Federico Chiesa, qui a repris l'entraînement individuel lundi après sa grave blessure survenue en janvier dernier, la Juve devrait rapidement redéployer ses ailes dans un éventuel 4-3-3. Kostic à gauche, Di Maria/Chiesa à droite et Vlahovic/Milik dans l'axe. Une place pour deux. "Pour moi, Milik doit toujours jouer. Il y a des pierres angulaires dans cette équipe qu'on ne peut pas enlever", a toutefois prévenu Massimo Mauro, ancien joueur de la Juve, dans les colonnes de la Repubblica.
Dans le Piémont, tout le monde aurait presque oublié que Milik faisait figure de simple plan B cet été. Au point que selon Tuttosport, la direction de la Vieille Dame songerait déjà à lever son option d'achat au terme de la saison actuelle. En tout et pour tout, il s'agirait d'une opération qui ne dépasserait pas les 11 millions d'euros. "La Juve souhaite l'inclure dans un projet à long terme, notamment pour qu'il serve d'exemple à Vlahovic", rapportait le quotidien transalpin, toujours bien informé des affaires du club. "Il est encore trop tôt pour discuter de ça, nous sommes focalisés sur la saison en cours et les objectifs à atteindre", nous fait-on toutefois savoir du côté de la Continassa.
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